On pleure quand
Et on gâche
L'instant présent
On nargue le bonheur
Quand il se présente
Peur d'être heureux
On se sent seul
Dans notre crainte
D'être deux ,
Car jamais nos je t'aime
Ne doivent se lire
De l'extérieur ..
Et ces "de toute façon" qui volent et qui volent.
De toute façon, il n'y a personne qui m'attend derrière la porte. J'pourrais me fracasser la tête dedans sans que l'on me demande ce qu'il se passe. Atmosphère étouffante. La solitude. Qui serre, qui serre et qui m'fait hurler de douleur. Un tour de clé. Pas deux, ça sert à rien. J'pourrais laisser tout ouvert, j'retrouverais l'appart tout aussi vide. Sans personne à l'intérieur. Même pas un fantôme. Encore moins un souvenir. J'descends les escaliers deux à deux. L'voisin non plus n'est pas là, sans doute parti noyer sa solitude dans un verre posé sur un comptoir. J'avais oublié la pluie. Mais après tout c'est pas si grave. Y a personne pour voir si mes cheveux s'applatissent ou s'ils frisent. Y a personne pour me regarder, non. Je suis seule. Au milieu de ces vies bien rangées. A regarder les volets se fermer, les lumières et les télés s'éteindre unes à unes. De toute façon, j'pourrais pas les imiter, j'n'ai pas de télé. J'ai toujours refusé de faire semblant, même si j'crois bien que ça m'aurait sauvé. Quelques voitures qui passent. Et bien sûr quelques cons qui accélèrent en roulant sur les flaques à mon niveau. J'suis complètement mouillée et j'en ai rien à foutre, personne ne le verra lorsque je rentrerai. Des klaxons qui retentissent. Et les basses d'une chanson pathétique font vibrer ma cage thoraxique.
=)
